En ce moment mes associées et moi sommes en train de réfléchir à la question de nos tarifs. Le premier problème est que nous avons trop de tarifs différents et ne savons pas comment les présenter sur nos devis : afficher un seul tarif au mot qui comprend toutes les étapes (relecture, etc.) de la traduction, ou décomposer le tarif sur plusieurs lignes…? Mais c’est encore trop brouillon pour en faire un billet sur la Marmite !
L’autre question qui nous tracasse en ce moment (et le sujet de ce billet) est le fait de publier ou pas nos tarifs sur notre site internet et, si oui, comment. Tout ça a commencé lors d’une négociation qui a échouée (dont j’ai parlé ici) où un des nombreux soucis était le fait que j’avais négocié un tarif avec le prospect qui était inférieur d’au moins 20 % au tarif que je pratiquais avec certains partenaires de ce prospect.
Pour essayer d’y voir plus clair, j’ai identifié les raisons pour publier nos tarifs :
- Filtrer les demandes qui sont trop éloignées de nos tarifs cibles (si quelqu’un a dans l’idée qu’une traduction coûte 6 centimes le mot, il ne perdra pas de temps à nous contacter si nos tarifs affichés sont de 25 centimes le mot)
- Établir une certaine crédibilité (bien qu’un tarif élevé ne soit pas gage de qualité, fixer des tarifs en adéquation avec le niveau de service proposé et l’assumer en les affichant ouvertement est une idée qui me plait bien)
- Faire preuve de transparence : pour un acheteur de traductions, le marché et son fonctionnement peut sembler assez opaque ; la transparence sur les tarifs peut contribuer à rassurer
Ensuite, j’ai réfléchi aux raisons de ne pas publier nos tarifs :
- On a encore plein de tarifs différents (ancienneté et typologie des clients, négociations, etc.)
- On a encore beaucoup de questions même sur les aspects a priori standardisables (majorations pour certains formats, pour l’urgence, etc.)
- Si chaque projet est unique et si le service est sur-mesure, il ne semble pas très cohérent de publier des tarifs “standards”
Enfin, j’ai regardé sur d’autres sites afin de piquer des idées. Voici ce que j’ai trouvé :
- TwinTranslations publie une fiche tarifaire que j’aime bien. Tarifs élevés (et assumés !), mise à jour annuelle, clarté, transparence…très pro !
- Articulate Marketing donne des tarifs indicatifs pour des projets types. Comme nous proposons également de la rédaction en anglais, cette idée me plaît bien.
Et un site qui aborde la question de tarifs moins bien, à mon avis. Pourquoi ?
- Afficher ouvertement une tarification différente pour les agence de traduction frôle la discrimination commerciale (c’est risqué)
- Proposer un tarif dégressif pour volume fait penser à l’acheteur que les prestations de traduction sont assimilables à des marchandises (or, nous proposons des prestations intellectuelles où la notion d’économie d’échelle n’est pas vraiment pertinente)
Et vous ? Publiez-vous vos tarifs ?

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Bonjour Sara
Personnellement, je ne publie pas de tarifs, pour la bonne raison que je n’ai pas de tarifs standard.
Dans la mesure où je vends un service (et pas des boulons), chaque projet est différent, et je fais un devis pour chaque projet.
D’autre part, comme je suis une micro-entreprise, je suis dans une niche très spécialisée et je ne travaille qu’avec les clients qui vont avec. Ergo, ils savent que je suis chère, ce qui les rassure d’ailleurs.
Comme je l’ai dit sur un autre sujet, nous autres petites entreprises offrons de la qualité, du cousu main. La guerre des prix, c’est pour la grande distribution, c’est leur atout principal. Autant de raisons pour ne pas mettre nos tarifs en avant.
Autres inconvénients des tarifs publiés : 1) on est coincés dans les tarifs, et c’est très difficile de demander plus. 2) la perception du client. (voir plus haut) Autant éviter d’attirer les clients dont on ne veut pas, et de faire fuir ceux qu’on recherche.
Coucou Sara,
Et si tu disais “tarifs à partir de” et que indiquais ton prix plancher ?
Tu fais d’une pierre deux coups : tu ne mentionnes pas tes tarifs, et les clients qui veulent faire traduire à des prix bas ne te contactent pas.
Charlotte
En ce qui me concerne, j’ai choisi d’afficher mes tarifs sur mon site. J’ai opté pour une fourchette “indicative”, susceptible de varier selon les demandes. A mon avis, si on prend soin d’expliquer notre fonctionnement au client potentiel, on ne prend pas trop de risques. D’ailleurs, c’est surtout pour eux que l’on affiche nos tarifs, plus que pour les clients actuels, qui savent déjà à quoi s’en tenir.
Charlotte,
Qu’est-ce que c’est, un prix plancher ? Malheureusement, ce concept est souvent un tarif au mot, donc limité au volume, qui n’est qu’un aspect parmi d’autres de la prestation.
D’autre part, si on annonce un prix plancher, le risque est que le client potentiel se dise : elle accepte ce tarif, je ne lui donne pas un sou de plus.
Sarah
Merci pour cette transparence dans la réflexion. Je n’ai malheureusement pas pu accéder à la fiche de twintranslations, mais partage ton avis sur le not to do – site et l’intéressante approche de “Articulate M.”
C’est justement les derniers qui utilisent (de manière sous-jacente) le concept du tarif horaire qui lui par ricochet donne aussi une idée du prix au mot. Mieux vaut (mais je dis ça sans avoir ma/mes page(s) web) souligner l’approche et le haut-de-gamme tout en faisant comprendre que le prix de chaque mission/objet sera cousu main. Ce qui a priori devrait éloigner les clients potentiels à la recherche d’un transformateur au kilo.
Bernhard
Sarah,
Si un client ne tient pas compte de la valeur ajoutée du traducteur, tarif plancher indiqué sur le site ou non, il ne te contacte pas.
Sinon, pourquoi les clients contactent-ils les traducteurs qui n’ont pas toujours indiqué leurs tarifs au préalable, pour ensuite leur dire “vous êtes trop cher” ? Cher par rapport à qui, à quoi ? Ils ont déjà fait leur petite enquête auprès d’autres traducteurs et ont certains chiffres en tête. Tu peux toujours leur dire que tu factures plus cher que les autres pour une raison x ou y, ils iront peut-être, et de toute façon, voir ailleurs.
En ce qui concerne le tarif au mot, rien n’empêche de faire figurer sur un devis détaillé toutes les prestations annexes, voire d’augmenter le tarif au mot pour prendre en compte le côté administratif (facturation, temps passé à contacter un collègue chargé de la relecture, etc.).
Charlotte
Charlotte,
Justement, ça me permet de faire un tri. Un client qui me dit que je suis trop chère, en général, c’est mauvais signe.
D’autre part, qu’est-ce que c’est, un mot ? La semaine dernière, j’ai passé une demi-journée sur *un* mot. C’était du marketing, le client avait passé beaucoup de temps à trouver ce mot, et moi j’y ai passé beaucoup de temps aussi. J’ai facturé un tarif global pour ma prestation, que je serais bien incapable de décomposer d’ailleurs.
Tout ça pour dire que je ne facture pas au mot, mais au projet.
Sarah
Juste une remarque. Je me demande que si on est en SARL (c’est mon cas) les tarifs ne devraient pas être publics ? Ce qui ne veut pas nécessairement dire qu’il faut les publier sur un site web par exemple, mais qu’il faut en avoir, à toutes fins utiles. A part cela je reste convaincue que si on n’en a pas, on donne l’impression que tout est flou, négociable et à la tête du client.
Salut Sara,
Réflexion très intéressante, en effet. Concernant les tarifs au mot, dans tous les cas c’est une unité utilisée par les “initiés”, mais je ne suis pas certaine que cela représente grand chose pour un client lambda. Lui voit plutôt son projet en termes de solution à lui apporter (problème, prix, délai) et calcule souvent son document en pages, d’ailleurs…
Dans ce contexte, l’idée de tarifs indicatifs pour des cas de figure types serait plus pertinente, effectivement.
Mais comme il a été dit, le prix devant découler de la négociation, afficher ses prix AVANT le processus de négociation avec le client ne risque-t-il pas de le faire fuir ?
Bonjour Sara,
De mon côté, j’ai choisi de ne pas afficher mes tarifs, tout simplement parce que j’ai deux tarifs différents, selon que je travaille avec des agences ou des clients directs. Toutefois, cela ne m’empêche pas de me reposer régulièrement la question.
Je suis parfois contactée par des particuliers qui sont irrémédiablement effarés lorsque je leur annonce un ordre de prix (déjà, le concept de la facturation au mot les surprend, et en plus cela leur semble très cher et injustifié).
Par ailleurs, se pose aussi, comme vous le dites, le problème de la décomposition du tarif. Dernièrement, un client direct qui acceptait jusque-là mon tarif pour de petites traductions, a refusé mon devis pour un travail plus conséquent (sur plusieurs semaines). Mon tarif comprenait la traduction et la relecture par une collègue, fonctionnement que j’avais déjà expliqué à mon client, mais qu’il semble avoir très mal compris (ma faute, certainement). En gros, il se demandait : si vous êtes qualifiée pour traduire, pourquoi vous faire relire ? Le métier de traducteur est mal connu/compris, et je dois apprendre à mieux communiquer sur ce point pour convaincre…
Dans ce cas précis, je m’étais imposé pour principe de ne pas baisser le tarif en raison du volume, pour les raisons que vous invoquez si justement dans votre article.
Mais le client, lui, n’a pas voulu discuter : il avait simplement trouvé plus économique et plus rapide, selon ses propres termes.
Cela m’a pas mal découragée sur le coup, mais je saurai j’espère en tirer les leçons pour la prochaine fois !
@ Delphine: à partir du moment où l’on fait uniquement de la traduction professionnelle (pour en vivre) on ne peut plus travailler pour des particuliers, et la traduction de thèses par exemple est exclue. Seule exception : les permis de conduire et autres certificats qui doivent être assermentés, mais là le client particulier est bien obligé de payer le plein tarif.
En ce qui concerne ton autre client, je comprends sa réaction, et c’est pourquoi je facture toujours la relecture par une autre personne en plus. Je suis traductrice, je suis censée livrer un travail complet et au mieux de mes connaissances. Dans le devis je rajoute quelques lignes pour expliquer ce qui est inclus : relecture interne soigneuse, et ce qui n’est pas inclus : PAO et relecture par une personne extérieure, car cette dernière m’oblige quasiment à doubler mon tarif et à tripler le délai (même si on peut compter sur son collègue, s’il faut décider ce qui est bon et ce qui n’est pas bon dans la relecture cela prend un temps fou).
@ Nicolette: merci pour ces conseils ! Effectivement, je n’espère pas travailler pour des particuliers, mais je leur donne souvent une idée de tarif par téléphone, histoire qu’ils ne perdent pas trop leur temps. Ou je les redirige vers une collègue s’ils ont besoin d’une traduction assermentée.
Pour les clients directs, très bonne idée de détailler les tarifs de cette manière, c’est beaucoup plus clair pour eux. Mais comment justifier la nécessité de cette relecture externe s’il pose la question ? Peut-on se permettre, s’il le souhaite pour des raisons budgétaires, de supprimer cette étape (en l’avertissant encore une fois de l’intérêt de cette ultime relecture) ?
Ce sont là effectivement les questions que je me pose depuis cet “échec”.
Je trouve comme Nicolette que ne pas avoir de tarif laisse à penser que ledit tarif est à la tête du client. D’ailleurs, il ne faut pas se leurrer : avoir un tarif agence et un tarif direct, n’est-ce pas de la “tête du client” ? Combien de confrères vont gonfler un devis si le client s’appelle Microsoft ou Sony et le dégonfler si le client est la TPE du coin ? Pour moi cette idée est précisément contraire à l’idée que nous sommes nombreux dans le coin à défendre : que notre travail a un prix intrinsèque, pas défini par le client, mais par la qualité de la prestation elle-même.
Donc pour ma part, oui j’affiche mes tarifs. Comme je suis toute seule, ce n’est pas compliqué, il n’y a que deux tarifs : celui au mot et celui à l’heure (plus le forfait minimal, qui est égal à une heure). Tout ce qui ne rentre pas dans le mot est facturé à l’heure. Sarah, tu as raison de dire que le travail sur ton mot de marketing est particulier : c’est précisément le genre de job qui ne se facture pas au mot. Mais je ne vois pas en quoi ça pose problème dans la question qui nous occupe : ce type de travail est facturé à l’heure, tout simplement.
Autant qu’on ne peut plus faire des traductions pour des particuliers, sauf pour un ami ou par exception (voir plus haut), autant je trouve que faire une différence entre clients directs et agences se justifie, puisque ces dernières, si tout va bien, nous apportent le travail sur un plateau, donnent des explications et font en général l’intermédiaire. On n’a pas à démarcher les clients, on n’a pas à répondre au client quand ceux-ci hurlent, et en quelque sorte c’est donc “plus facile”. C’est vrai que c’est un peu “à la tête du client”, d’autant qu’on a souvent des “tarifs historiques” avec certaines agences. Mais ce n’est pas la peine de les afficher !! On affiche un prix de clients directs, c’est tout, et on voit au cas par cas si l’agence propose quelque chose de vraiment intéressant.
A part cela, tout à fait d’accord, tout ce qui ne rentre pas dans le tarif au mot est facturable à l’heure, et puis il faut avoir un tarif minimum. Facturer par projet serait l’idéal, mais difficilement réalisable tant que nous ne sommes pas des agences de pub ou de comm. qui, elles, facturent des “concepts” (soit 5 à 10 fois le prix).
Bonjour,
Nous n’affichons pas non plus nos tarifs, comme vous l’avez si bien remarqué, il est difficile de communiquer un tarif fixe. Tout dépend du document et de l’urgence.
Synthia
@ Sarah
Tout à fait d’accord, le fait qu’un client te dise que tu es trop chère permet effectivement de réduire le nombre de personnes susceptibles de te contacter. Je pense que c’est aussi le but lorsque l’on indique ses tarifs préalablement. Je me demande simplement quelle serait la proportion de personnes qui refuseraient de travailler avec toi en voyant tes tarifs affichés sur ton site, ou après en avoir pris connaissance si tu les appelles ou que tu envoies un e-mail.
Effectivement, comme le disait Sophie, tout dépend du domaine dans lequel tu travailles. Dans ton cas, il s’agit de marketing, un secteur plutôt à part. Tu passes évidemment beaucoup de temps à reformuler, à trouver des idées percutantes, facturer au mot n’a donc aucun sens.
Cependant, si comme moi tu traduis des manuels de temps à autre pour une agence, le tarif au mot a un sens (surtout que moi et l’agence “parlons la même langue”, dans ce cas).
Libre à toi ensuite de décomposer (ou non) la tarification au projet pour l’expliquer (ou non) au client : comme le disait Géraldine, certains clients ne souhaitent pas connaître la décomposition du projet, mais plutôt le coût final.
Charlotte
Je crois que la diversité des commentaires illustre un point de stratégie très important : il faut choisir son marché.
@Charlotte : le marketing est une spécialité secondaire pour moi. J’ai choisi une niche de marché très spécialisée, où les traducteurs compétents se comptent presque sur les doigts d’une main. Les clients me contactent justement parce qu’ils cherchent quelqu’un de très spécialisé. Ils préfèrent un devis global, parce que ma cuisine interne ne les intéresse pas.
@Sophie : Comment tu fais pour évaluer le nombre d’heures qu’il te faudra pour un slogan publicitaire ou un texte destiné à un public précis, donc rédaction à adapter en ce sens ? J’en suis bien incapable.
@Sarah: Tout à fait d’accord, tout dépend du marché.
Certains clients préfèrent effectivement un tarif global.
C’est super si tu as réussi à faire ton trou dans une niche très spécialisée !
Charlotte
Sara, thanks for the great post! In general I agree: publishing your rates is a way of pre-screening clients and if you do it correctly, it looks professional. On the other hand, it locks you into your published rates because few clients are going to want to pay more than what you state that you charge. I think that one difficulty we have in the per-word market is that committing to a per-word rate means committing to a fixed price for the project, which is not the case for professional service providers who charge by the hour. For example an accountant doesn’t say “I’ll do you your taxes for $300,” they generally say “My hourly rate is $150 and the average return takes 1.5-3 hours” or something like that.
My solution is to publish my rates for “commodity” translations: a birth certificate only has so much potential for variation, so I just state that I charge $50 per page to translate official documents. For any other type of translation, I only give a quote after I’ve seen the document or a sample text. Also, I only give a fully detailed quote after giving the client a general sense of what I charge. I think that this saves everyone’s time in case the client is expecting to pay half or a third of what my standard rate is. Thanks for the helpful information!
Moi aussi je me pose la même question et pour l’instant j’ai décidé de ne pas publier mes tarifs parce que je préfère qu’on me contacte et éventuellement essayer de négocier le prix offert s’il est trop bas plutôt que de filtrer mes clients d’entrée de jeu.
Au siècle dernier, j’avais préparé une petite brochure où figuraient des fourchettes de tarifs pour des prestations données. Le hic était que les prospects soutenaient mordicus que les paramètres de leur projet étaient tels que cela relevait bien évidemment du bas de la fourchette citée! Cela avait tendance à entraver la phase initiale critique de pédagogie client et de prise de brief détaillé, les prospects se focalisant d’emblée sur la négociation tarifaire à exclusion de toute autre chose. La brochure est rapidement partie à la poubelle.
Résultat des courses, je ne publie pas de tarif sur mon site Internet et j’ai la chance jusqu’à présent (je touche du bois) de ne pas perdre trop de temps avec des demandes qui sont aux antipodes de mon marché cible et de mes tarifs usuels. Le contenu et le niveau de langage d’un site Internet, je pense, peuvent jouer ce rôle de filtrage en amont. Les sites d’agences, par exemple, mettent l’accent sur la rapidité et les tarifs alléchants pour inciter le prospect à les contacter, alors que les sites de prestataires haut de gamme évoquent un tout autre registre.
Choisir de publier ses tarifs implique aussi qu’ils soient cohérents. Et là, j’ai un peu de mal à comprendre une des grilles tarifaires évoquée par Sara — en tant qu’acheteur, il faudrait que l’on m’explique l’écart conséquent entre la fourchette citée pour de la traduction et celle pour du rédactionnel!
Bonjour,
Personnellement, je rejoins la stratégie de Patricia après avoir expérimenté (pas très longtemps, je l’avoue !) avec une brochure.
J’ai en effet remarqué que bien des prospects cherchaient à contourner les informations les plus obvies y contenues, à se demander s’ils la lisaient vraiment.
Maintenant, je travaille uniquement avec des devis très précis, établis à la demande… et non négociables.
Laurent K.
Oups, je ne suis pas repassée depuis quelques jours…
Sarah, Corinne a donné la réponse à ta question en fait : quand je facture à l’heure, je ne donne pas de total fixe à l’avance (à moins de connaître le projet par coeur pour avoir déjà bossé sur le même type de projet pour le même client de nombreuses fois). Dans mon cas, c’est surtout pour la relecture que je facture à l’heure : je sais que si la traduction est correcte, la relecture prend environ X heures pour Y mots, et c’est ce que je dis au client, pour lui donner une orientation, tout en stipulant bien que s’il s’avère que la traduction est pourrie, ça va forcément prendre plus de temps. Et j’annonce le temps réellement passé au moment de la livraison.
Après pour un projet comme le tien, je pense que seule l’expérience permet de se projeter un peu sur le nombre d’heures qu’on va passer. Bien sûr, les premiers coups, on risque de se planter sur son évaluation, et puis avec l’expérience, on va affiner son pronostic.
Corinne a donné un bon exemple avec les comptables. Actuellement, je fais bosser un webmaster pour un projet personnel, et c’est pareil : il m’a dit que ça coûterait tant de l’heure et qu’il pensait qu’il y en aurait à peu près pour tant d’heures, selon les demandes que je rajouterai en cours de route. Alors de temps en temps il me dit où il en est en heures pour que je sache si ça rentre encore dans mon budget ou non.
Personnellement, lorsque je suis cliente et que j’achète ou que je me renseigne sur Internet, j’aime avoir les prix, même s’ils ne sont qu’indicatifs. J’ai donc créé une page pour expliquer au client comment variait le prix final, en indiquant toutefois un prix maximum à l’heure. Car dans nos clients potentiels, il y a de tout : des gens qui pensent que les traducteurs sont des gens incroyablement talentueux avec des tarifs exorbitants, et d’autres qui estiment que nous sommes remplaçables par des machines. Ces derniers pourront ainsi passer leur chemin, alors que je rassure les gentils clients en leur donnant une fourchette max.
Discussion intéressante ! A priori, je n’envisage pas d’afficher mes tarifs, parce que je souhaite faire comme beaucoup d’entre vous, établir des devis sur mesure.
En ce qui concerne l’application d’un tarif spécial “agences”, cela me semble légitime dans la mesure où la prestation n’est généralement pas la même que pour un client direct : par exemple pour une agence, on ne fait pas relire son travail par un tiers, c’est l’agence qui s’en charge. Dans certains cas, on peut aussi livrer des fichiers non nettoyés, que l’agence devra remettre en forme.
Sur le site de Twin Translations, j’ai tiqué en voyant l’allusion à “la Porsche de la traduction” : à mon avis, la Porsche évoque plus le luxe que l’excellence, et le luxe a une dimension “inutile”…
Pour éviter de perdre du temps avec des clients qui ne cherchent qu’un prix bas, je pense comme Patricia, qu’un site Web qui respire la qualité et n’axe pas sa communication sur l’aspect tarifaire doit déjà donner l’impression au visiteur que ce qu’on vend ici, c’est une prestation et non un prix imbattable.
Aux notions de prix et tarifs publiables ou non, je préfère de loin celle d”honoraires (propre à l’exercice libéral) établis de gré à gré”, et annoncés comme tels aux Clients et prospects.
Et de m’intéresser aux pratiques et réflexions d’autres professions réglementées ou non. Les médecins mettent par exemple en avant l’argument de “la liberté d’honoraires avec respect du tact et de la mesure” :
http://www.web.ordre.medecin.fr/rapport/tactetmesure.pdf
Cette notion est parfaitement transposable aux PST de traduction et neutralise en mon sens les soupçons selon lesquels les honoraires seraient fixés “à la tête du client”. Elle intervient bien sûr en complément d’une proposition de services détaillée.
Le terme honoraires est peut-être propre à l’exercice libéral, mais il est lié à la profession libérale, et bon nombre de traducteurs n’exercent pas sous ce statut. Je dis peut-être des bêtises, mais à partir du moment où l’on facture la TVA, par exemple, on démontre bien qu’on voit la traduction comme une prestation de services commerciale. Quant à moi (NB je viens de la PAO) j’ai toujours fonctionné avec une feuille contenant une échelle de tarifs et je fais des devis raisonnables, basés sur les textes que j’ai pu consulter, et quand c’est facturable à l’heure je dis à l’avance combien de temps ça va prendre et combien cela coûtera (comme le webmaster que Sophie cite, voir plus haut). Je veux bien écouter si le client a des arguments valables (car quelquefois il en a), mais établir des devis “de gré à gré” me va trop loin, cela signifie des tractations dont je n’ai aucune envie. J’ai des traductions à vendre et une boutique à faire tourner, si je dois passer trois heures sur un devis ou passer chez le client “pour discuter” ce n’est pas efficace. La traduction n’est pas une affaire de marchands de tapis, et il ne faut pas donner au client qui, lui, a une approche commerciale, que ça l’est. Mais bon, ce n’est que mon avis, et c’est peut-être même culturel.
Pardon correction: ne pas donner au client l’idée que ça l’est.
Sara, I think you solved the problem in the blog post itself.
Bonjour à tous. Voici notre tentative après beaucoup de discussion. Vous allez peut-être rigoler…nous parlons tarifs sans les évoquer réellement…
http://www.sfmtraduction.com/tarifs/
Nous espérons que — comme dit Patricia plus haut — le niveau de langage de notre site et notre façon de nous présenter éclairciront la question. Le but de la page tarifs que nous avons préparé est d’informer le client sur le *comment* (que les tarifs ne sont pas fixés au hasard, ni à la tête du client, mais selon des critères bien définis).
Qu’en pensez-vous ?
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